L’Argentine mène des opérations conjointes avec sa marine et sa garde côtière pour intercepter les bateaux illégaux. Pour lutter, les pays mettent en place des sanctions et font appel aux technologies. L’Argentine utilise des données de suivi des navires chinois pour prédire les activités illégales, avec une précision allant entre 69 et 96 %. Des accords multilatéraux voient le jour avec l’Uruguay et le Chili pour surveiller le plateau commun. Ceux-ci interdisent l’entrée de produits issus de la pêche INN et imposent de lourdes amendes aux entreprises impliquées. Début 2025, le ministre de la Défense, Luis Petri, annonce une opération d’envergure : Mare Nostrum I. Jusqu’à 380 bateaux sont repérés.
La Chine tient une position officielle de déni et affirme respecter le droit international et n’agir que dans les eaux internationales. Malgré ses déclarations, de nombreux navires chinois désactivent leur système de localisation pour échapper aux radars argentins, se camouflent derrière des pavillons d’autres pays (Cameroun, Vanuatu) ou sous des sociétés écran. Le premier pour contourner les restrictions locales et le second pour opérer légalement dans les eaux locales.
En 2020, le gouvernement argentin a mis en place une réforme du Régime fédéral argentin : augmenter les amendes concernant la pêche illégale jusqu’à 150 millions de pesos (environ 1,66 millions d’euros en 2020) au lieu de 10 millions. Pour renforcer sa souveraineté maritime, l’Argentine a aussi élargi son plateau continental. Les autorités locales patrouillent sur les eaux et dans les airs pour repérer les flottes qui ont désactivé leur localisation, via de nouvelles technologies : satellites, drones, ou encore l’IA pour détecter des comportements suspects. Ces efforts ont permis d’identifier plus de 300 navires de pêche illégale.
Pour renforcer leurs dispositifs, l’Argentine collaborent avec des ONG comme Global fishing watch. Grace à leurs carthographie, les zones Yaganes et Namuncurá-Burdwood Bank II sont désormais protégées. Un projet de création d’air maritime protégée (AM) pourrait voir le jour : Blue Hole. Celui-ci couvrirait 140 000 km du plateau continental et interdirait le chalutage de fond, par exemple.