En 2024, 94,1 % des foyers des 27 pays de l’UE disposaient d’un accès à Internet, facilitant ainsi la circulation rapide de l’information. Cette forte connectivité expose directement les populations aux fake news, qui ciblent souvent des thèmes politiques, idéologiques ou financiers dans le but de manipuler les opinions publiques. Dans ce cadre, la Commission européenne a lancé en 2018 l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO), un réseau destiné à structurer la réponse européenne contre la désinformation à travers des procédures de vérification des informations en temps réel, grâce à plusieurs agences régionales et nationales.
Cette organisation indépendante s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises par l’UE, comme le Digital Services Act (DSA) promulgué en août 2023. Le DSA oblige les grandes plateformes à lutter contre la désinformation en retirant les contenus illégaux, en rendant leurs algorithmes transparents et en analysant les risques. L’UE contrôle l’application de ce règlement et sanctionne les manquements afin d’atténuer les risques de manipulation de l’information par certains utilisateurs de ces grandes plateformes. Ces mesures sont cruciales face à l’essor de l’intelligence artificielle, qui facilite la création d’images truquées. L’AI Act, entré en application en août 2024, répond à ces problèmes de création de fausses informations par l’IA en l’encadrant afin de limiter la désinformation.
Les actions de l’UE ne passent pas seulement par des sanctions, mais également par l’éducation des citoyens. Cette éducation, visant à mettre en avant les enjeux liés aux médias, est confiée aux gouvernements nationaux et a pour objectif de renforcer l’esprit critique afin de reconnaître les fausses informations relayées. Ces politiques éducatives sont encadrées par la directive sur les services de médias audiovisuels de l’UE.
Enfin, les mesures entreprises par l’UE se projettent à l’échelle globale, notamment à travers le projet Social Media 4 Peace, en collaboration avec l’UNESCO, qui lutte contre la propagation des fake news et des discours de haine dans des pays tels que la Colombie, le Kenya ou encore l’Irak.