Que fait l’UE pour combattre les fake news ?

Les Européens considèrent les fake news, aussi appelées infox, comme une menace pour la démocratie. Une infox est une fausse information diffusée volontairement pour tromper ou manipuler. Selon une étude menée par IPSOS et l’UNESCO en 2023, 68 % des citoyens européens interrogés estiment avoir été exposés à de la désinformation au cours des sept jours précédant leur réponse. La lutte contre ces manipulations de l’information constitue un défi majeur pour les États membres, mais aussi pour l’Union européenne, qui entend jouer un rôle central face à ce danger. Elle déploie des mesures comme la régulation des plateformes, le soutien au fact-checking et la promotion de l'éducation aux médias pour renforcer la résilience des citoyens européens.

En 2024, 94,1 % des foyers des 27 pays de l’UE disposaient d’un accès à Internet, facilitant ainsi la circulation rapide de l’information. Cette forte connectivité expose directement les populations aux fake news, qui ciblent souvent des thèmes politiques, idéologiques ou financiers dans le but de manipuler les opinions publiques. Dans ce cadre, la Commission européenne a lancé en 2018 l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO), un réseau destiné à structurer la réponse européenne contre la désinformation à travers des procédures de vérification des informations en temps réel, grâce à plusieurs agences régionales et nationales.

Cette organisation indépendante s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises par l’UE, comme le Digital Services Act (DSA) promulgué en août 2023. Le DSA oblige les grandes plateformes à lutter contre la désinformation en retirant les contenus illégaux, en rendant leurs algorithmes transparents et en analysant les risques. L’UE contrôle l’application de ce règlement et sanctionne les manquements afin d’atténuer les risques de manipulation de l’information par certains utilisateurs de ces grandes plateformes. Ces mesures sont cruciales face à l’essor de l’intelligence artificielle, qui facilite la création d’images truquées. L’AI Act, entré en application en août 2024, répond à ces problèmes de création de fausses informations par l’IA en l’encadrant afin de limiter la désinformation.

Les actions de l’UE ne passent pas seulement par des sanctions, mais également par l’éducation des citoyens. Cette éducation, visant à mettre en avant les enjeux liés aux médias, est confiée aux gouvernements nationaux et a pour objectif de renforcer l’esprit critique afin de reconnaître les fausses informations relayées. Ces politiques éducatives sont encadrées par la directive sur les services de médias audiovisuels de l’UE. 

Enfin, les mesures entreprises par l’UE se projettent à l’échelle globale, notamment à travers le projet Social Media 4 Peace, en collaboration avec l’UNESCO, qui lutte contre la propagation des fake news et des discours de haine dans des pays tels que la Colombie, le Kenya ou encore l’Irak.

Vous aimez lire nos décryptages ?

Soutenez-nous ! Parce que nous sommes un média :

Nos Dernières Synthèses

L'usage massif des drones en Ukraine marque-t-il un tournant dans les doctrines de guerre convention...

Si les innovations technologiques ont toujours transformé les modes de combat de...

Quel est l’état des relations entre la Chine et l’Iran ?

Téhéran et Pékin se retrouvent sur une posture commune d’anti-occidentalis...

Comment la représentation des violences sexuelles a-t-elle évoluée dans l'ère post-MeToo ? 

Il n’a pas fallu attendre MeToo pour parler des VSS au cinéma. De multiples scèn...

Rejoignez notre communauté

Recevez chaque semaine nos derniers dossiers, grands entretiens et décryptages dans votre boite mail !