Le soutien marqué de certains pays d’Europe centrale envers Israël trouve ses racines dans un contexte géopolitique complexe. À l’Est, pour intégrer l’UE et l’OTAN dès 2004, les États anciennement soviétiques ont pour la plupart délaissé leur alignement pro-arabe hérité de l’URSS au profit d’une vision proche de celle des États-Unis. Ce changement de politique soulève ainsi des paradoxes quant à la reconnaissance de la Palestine. La Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie et la Bulgarie avaient en effet reconnu un État palestinien dans les années 80, sous l’influence soviétique.
Cette volonté vient s’aligner avec les valeurs politiques conservatrices communes à ces pays rassemblés autour de l’illibéralisme consistant en un rejet des principes libéraux associé à une forte volonté de souveraineté et d’une méfiance à l’égard des institutions internationales.Ainsi, alors que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est visé par un mandat d’arrêt international émis par la Cour Pénale Internationale en 2024, la Hongrie a réaffirmé son soutien en l’accueillant sur son sol en avril 2025.
En plus de ces intérêts politiques communs, Israël représente un partenaire commercial de taille pour ces pays, Tel Aviv étant réputé pour son industrie de pointe dans les domaines de la cybersécurité, son industrie du diamant ou de ses systèmes de défenses. En décembre 2024, la Slovaquie décide d’acheter pour 560 millions d’euros un système de défense aérienne israélien nommé Barak MX.Dans ce contexte, l’Allemagne se distingue par une relation étroite avec Israël, alliant responsabilités historiques et intérêts stratégiques. Depuis 1965, les deux pays coopèrent étroitement, notamment dans le domaine militaire, avec des exportations d’armes importantes, des exercices conjoints et des projets communs de défense, renforçant ainsi leur partenariat.
À l’inverse de nombreux pays d’Europe centrale, la Pologne adopte une approche différente. Joanna Dyduch, professeure spécialiste des relations euro-israéliennes à l’Université Jagellonne de Cracovie souligne que la Pologne a « européanisé » sa politique étrangère, faisant entendre une voix plus alignée avec les positions de l’Union européenne, ce qui la distingue nettement de ses voisins.